Exposition | Ambivalence, la lisière des possibles

Exposition | Ambivalence, la lisière des possibles

Du vendredi 03 juillet au mercredi 15 juillet 2026

Tout public

Une exposition des œuvres de Corinne Thouvenin, commissariée par Agénore Thoré.

Dans ce monde saturé d'images, où le zapping et le scrolling sont devenus une habitude. Nous oublions le plaisir simple et revigorant de la contemplation. L'artiste photographe Corinne Thouvenin nous fait renouer avec ce plaisir en usant de l'ambivalence visuelle. Plus exactement, de la paréidolie, un phénomène de double-lecture réel/imaginaire, fondé sur la manière dont notre cerveau décode son environnement.

Au premier abord, elle nous propose un jeu visuel : trouver le sujet caché, voir au-delà de la première apparence. Un décryptage amusant, à la portée de tous. Avec notre âme d'enfant, on se surprend à deviner ce que l'artiste a voulu faire ; et rapidement on se projette ; parfois même, on rêve.

En outre, en choisissant de privilégier l'équivoque sur l'univoque, mais aussi la suggestion sur la narration, l'artiste ouvre un espace d'interprétation où la lecture passive d'une photo n'existe pas.

« Mes photographies se veulent à la fois l'expression de mon imaginaire d'artiste et le miroir de l'imaginaire du spectateur. »

Dans chacune de ses photographies, Corinne Thouvenin photographie le réel et, en même temps, l'imaginaire. Elle utilise le réel comme une matière première qu'elle détourne et transfigure par un travail de mise en scène photographique. Autrement dit, sans montage photo ni intelligence artificielle. Ce faisant, elle rend visible la puissance onirique du réel, mais aussi sa plasticité et sa porosité.

Surtout, elle ancre dans notre esprit ceci : « Croire que l'on peut percevoir le réel de manière objective est une illusion.» ; « En photographie, le réel ne signifie rien car la photographie n'est jamais uniquement un procédé d'enregistrement du réel. »

Ce propos est intentionnel. Elle use du détournement et de l'ambivalence pour nous le dire. De même, les titres de ses photos et ses paroles appuient son propos :

« J'ai titré certaines de mes séries “Les Simulacres” et “Les Faux-semblants” pour montrer que la porosité entre le réel et l'imaginaire est inhérente à la manière dont nous voyons et à la photographie en tant qu'outil. »

Enfin, Corinne Thouvenin joue aussi avec l'ambivalence pour montrer que le réel possède les germes d'une pluralité et d'une altérité sublimes ; et que les antipodes peuvent se ressembler car il existe une porosité entre le monde végétal et le monde animal ; entre les fleurs et les insectes ; entre le gigantesque et le minuscule… À l'instar des sujets que Corinne Thouvenin photographie, le réel n'est jamais dichotomique. La dichotomie n'est qu'une illusion, une vue de l'esprit.

Agénore Thoré, commissaire de l'exposition.

 

Du 3 au 15 juillet de 11h à 19h

Visite guidée à la demande, gratuite, en français et anglais.

Vernissage : Le vendredi 03 juillet à partir de 19 heures.
Il est public et sans réservation. La galerie peut accueillir 60 à 70 personnes.

Galerie de la Dodane, 15 rue de la Dodane

Tout public, entrée gratuite